Valeurs

La Trottinette, située à La Chaux-de-Fonds, est inspirée du concept de la Maison Verte créé par Françoise Dolto à Paris en 1979.

Historique

Pédiatre, psychanalyste, Françoise Dolto a permis la reconnaissance de l’enfant comme une personne à part entière.

L’idée d’un lieu d’accueil enfants-parents a émergé après 30 ans de consultations auprès d’enfants. Françoise Dolto a en effet remarqué que les enfants souffrant de symptômes sont souvent amenés trop tardivement en consultation. D’après la psychanalyste, une prise en charge plus précoce aurait souvent évité des troubles graves. La prévention est devenue ainsi l’une des grandes préoccupations de F. Dolto et c’est dans cet ordre d’idée qu’elle a créé la première « Maison Verte » à Paris, le 6 janvier 1979.

L’efficacité des maisons vertes a entraîné leur multiplication. Il en existe aujourd’hui dans presque tous les pays d’Europe, en Amérique Latine, et un grand nombre en France.

Principes de base

C’est un lieu d’accueil et d’écoute pour les enfants accompagnés d’un adulte.

Un lieu convivial et accueillant où le lien social, si nécessaire aux êtres humains, est reconnu comme essentiel à la santé psychique des enfants comme des parents. Ici les enfants s’expriment par leurs comportements, leurs attitudes, et pour les plus grands par la parole.

C’est un endroit où on parle, on joue, on dédramatise. On y apprend aussi les interdits structurants.

Pour une vie sociale dès la naissance, pour les parents parfois très isolés devant les difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent avec leurs enfants. Ni une crèche, ni une garderie, ni un centre de dépistage, ni un centre d’activités organisées, mais « une maison où mères et pères, grands-parents, nourrices, promeneuses sont accueillis… et leurs petits y rencontrent des amis ».

La Maison Verte repose sur l’idée forte d’accompagnement de l’enfant dans un temps (celui des quatre premières années) où il vit des moments de passage. Ainsi, il est proposé à l’enfant et aux parents un lieu où est prise en compte la nécessité structurante de ces temps de passage, tout en reconnaissant que pour l’être humain, la capacité de vivre seul est un long apprentissage fait d’allers-retours entre contacts et séparations.

C’est pourquoi une des règles fondamentales de La Trottinette est de garantir à l’enfant la présence de l’accompagnant dans le lieu d’accueil. Cette présence contribue à maintenir la sécurité intérieure de l’enfant et à lui apprendre progressivement, à son rythme, le chemin vers une séparation (crèche, atelier, école) car paradoxalement, c’est en présence de sa mère que l’enfant peut apprendre dans de bonnes conditions à se séparer d’elle. En effet, si l’enfant sait qu’il bénéficie d’une sécurité affective, il se sent en confiance et se dirige spontanément à la découverte du monde extérieur.

Parfois, la séparation est également un passage difficile à vivre pour la mère. A La Trottinette, les mères anxieuses peuvent parler de leurs angoisses et apprendre progressivement à tolérer le besoin d’autonomie de leur enfant.

Autre principe de base, l’anonymat est respecté. Pas d’inscription, pas de dossier, c’est un accueil administrativement anonyme. Cette absence de renseignements empêche qu’un enfant puisse être « fiché » administrativement.

Seuls sont inscrits sur le cahier de La Trottinette le prénom et l’âge de l’enfant accueilli, ainsi que le lien qui l’unit à son ou ses accompagnants – pas d’indication de nom de famille ou de profession des parents.

Enfin, la participation financière demandée aux familles est la marque de leur implication dans le lieu. Par ailleurs, cette participation contribue pour une part non négligeable au budget et au fonctionnement de La Trottinette.

Les accueillantes

L’équipe de La Trottinette est composée depuis le début de professionnelles exerçant ailleurs divers métiers : éducatrices, sages-femmes ou psychologues. Mais à La Trottinette, elles n’y exercent pas ces métiers. C’est une autre manière de travailler, qui est marquée par les métiers exercés ailleurs, mais qui s’en démarque néanmoins.

A La Trottinette, il existe des règles de vie simples et accessibles aux enfants. C’est à travers ces règles que va se jouer la question du permis et du défendu. C’est parfois à travers celles-ci que l’enfant peut manifester ce qui se joue entre lui et ses parents, et venir aussi poser une question qui le concerne.

Les accueillantes ne vont pas promulguer des conseils ou des recettes, mais renvoyer l’adulte à ses propres compétences de parent, l’aider à trouver son chemin, avec ses ressources. Les familles se sentent parfois isolées, démunies, face à leur rôle de parents. L’accueillante peut alors apporter un éclairage sur les stades de développement de l’enfant, rassurer quant à la « normalité » de tel ou tel comportement.

L’accueillante n’est pas là pour chercher ce qui ne va pas mais pour faciliter la compréhension, l’échange entre les êtres qui sont tellement proches l’un de l’autre que parfois ils ne s’entendent pas.